Moi après mois – Décembre

Décembre a commencé par un bus loupé. Introuvé. C’est au bord d’un autre, réservé à la va-vite que je dors dors dors. Un kinder surprise partagé avec M. l’inconnu gentil, sur l’aire d’autoroute. Retrouver la maison. L’amoureux. Les livres que je commence à ouvrir, feuilleter,apprivoiser. Parce que maintenant fini la rigolade, il va falloir s’y mettre petite ! Ma journée d’initiation aux premiers secours qui me permettra de lui dire quelques jours plus tard, à la terrasse d’un bar, tard dans la nuit : »Oui oui même si tu t’évanouies et te noies dans ton vomi, je sais quoi faire maintenant ». Etre heureuse de repartir pleine de gestes tout simples qui sauvent. Le plaisir que je prend à sillonner ma ville à vélo. Le vin-chaud-karibou imprévu que je sirote avec N. et D. au marché de Noël. K. qui nous y rejoins. Savourer cette dernière fois avant longtemps longtemps longtemps puisque c’est à son tour de prendre le large. Le très grand large. Elle m’offre cette étoile suédoise que je veux depuis un an sans parvenir à la trouver. La porte encore close du terrier du lapin blanc. Le prix tellement dérisoire qu’on paie en riant. Les blablas devant les films de Noël. Love Actually ou rien. La fête des lumières qui se fait discrète cette année. Eux qui ne viendront finalement pas.
En décembre il y a eu, le TGV pour la rejoindre. Découvrir son nouveau chez elle. Dormir sous le regard bienveillant des anges. Et sous une couette pleine de plumes qui tient bien chaud. Etudier dans son chez elle pendant ses heures de travail. A la recherche du pull de Noël parfait. Manquer se perdre dans le labyrinthe d’un hôpital. Le marché de Noël. Aller voir l’Atomimum sous la brume. Faire du shopping. Tomber sur un vieux monsieur gentil à qui acheter du Pisco. Courir après des cadeaux de Noël. Main dans la main. The lunch box. Prendre la pose pour des photomatons tous plus ridiculement fabuleux les uns que les autres. Y laisser quelques plumes 😉 Éparpiller des petits mots  partout chez elle pour être encore un peu là une fois que j’aurais quitté les lieux. Trouver in extremis refuge dans l’office du tourisme pour y grappiller un peu de wifi et m’éviter ainsi un aller-retour malvenu. Rencontrer V. autour d’un chaï latté. La scruter longuement pour imprimer ses « véritables traits ».Parler présence virtuelle et écriture. Mes sujets blancs qui n’arrivent pas. L’inquiétude qui s’installe.
En décembre il y a eu le soir de Noël là-bas alors que je n’y travaille plus. Le vélo enfourché dans le début de la nuit et le stop à Botanic pour me recoiffer-remaquiller dans les vitrines. Le Petit Chaperon Rouge. Le champagne qui me bouche inévitablement le nez. Rencontrer M. Les revoir tous et en être aussi contente que de ne plus faire partie de cette histoire-là. Qu’elle s’écrive sans moi, j’ai bien plus palpitant sur le feu. Prendre un dernier verre avec eux. « Si tu viens je viens ». Discuter photographie et vague à l’âme avec V. Rentrer dans la nuit avec R. et avoir un débit de parole fulgurant pour l’occasion.
Cuisiner avec elle. Rituel. Penser à ses larmes l’an dernier quand je suis apparue dans l’encadrement de la porte alors que je n’étais prévue. La joie, l’émotion de ces moments-là. Avoir tellement peur qu’ils s’arrêtent. D’un coup sec. Alors en profiter et ne pas penser. L’aider avec les serviettes « faîtes-main parce que tu comprends je ne trouvais pas ce que je voulais en magasin! ». J’aimerais encore avoir cette fougue-là à 93 ans. Etre préoccupée par ce genre de détail.
Avoir la tête ailleurs.
Noël par ci, Noël par là. Les discussions animées autour des verrines merveilleuse de ma maman. Le sapin qui clignote. Nous, enfants, sur le petit écran. Merci maman. Merci papa. Le papier cadeaux qu’on déchire. Les sourires qu’on guettent. Les repas à rallonge. Les cousins, les cousines, les blablas. Mes cadeaux de fille frileuse. Les restes de la veille qu’on grignote en déballant (encore ;)) des cadeaux. Le Noël chez elle qui n’est pas vraiment Noël. Prendre son mal en patience. Le repas de Roi avec l’amoureux et mon père qu’on se bricole alors que ma mère, malade, va dormir.
Le sujet de français finalement reçu sur lequel je planche quelques jours. La ballade à la Poste-bibliothèque quand il est enfin terminé. Une discussion animée-dispute. Tous les gens de passage que je me vois obligée de ne pas embrasser. Star Wars dans le noir. Manger chinois tous les trois.
Les dents de sagesse qui me rappelle qu’elles sont toujours là. Dix ans que ça dure cette histoire… Le tout petit aéroport où on prend l’avion qui nous mènera à Istanbul. L’heure de retard puis celle passée là-bas, sous des rafales de flocons de neige énormes, à attendre le bus qui nous emmènera au centre ville. Une fois là-bas abdiquer et prendre un taxi pour les derniers kilomètres.
Le charme du paradoxe qui réunit Istanbul et l’hiver fulgurant. Se balader dans ses rues, ses mosquées, ses palais. Marcher dans et sous la neige. Des flocons énormes. Le froid. Les pieds mouillés.Les microbes qui rappliquent. Les herbal tea du gentil monsieur de l’auberge de jeunesse pour partir en guerre contre mes microbes. Faire la marmotte et écouter le commentaire élogieux sur la fameuse copie de français que j’avais bien cru ne jamais pouvoir rendre dans les temps. Décembre et l’année 2015 qui s’achèveront d’un seul et même souffle sur une soirée fiévreuse sous les couettes à m’endormir devant « La Isla Misma » (à 21h30 :/)…

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Un commentaire

  1. Marion · janvier 15, 2016

    Il est beau ton article… Et ça me fait bizarre de le lire ! Bises !

    J'aime

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