Moi après mois – Novembre

Novembre qui commence sur le regret d’un jour férié qui tombe un dimanche mêlé au soulagement de voir le mois de la fin pointer le bout de son nez. Les jours à décompter. N. et D. en vadrouille à la maison. Les brioches aux pralines de chez Pralu. Les balades sous le soleil.  Recevoir le premier courrier d’Exploratology. Dévorer le livre. Croquer dans le chocolat épicé. Lui écrire un mail qui dit merci de milles et une façons différentes. Passer une journée avec nos mamans respectives. Sentir, sur le quai de la gare, tout l’amour qu’il ne me dit pas, mais qui est là. En trembler un peu. En être fière aussi. Et puis l’horreur. Le refus d’allumer la télé. Le déni. « Être dans le refus absolu de tout ce qui vient entamer la tendresse du monde »— jacques dor. Envoyer des sms pour savoir tout le monde saint et sauf. La nuit agitée durant laquelle l’amoureux, qui n’arrive pas à fermer les yeux, me caresse le visage à l’infini dans l’espoir que mes rêves s’en trouvent apaisés.  La randonnée en Savoie avec S. et C. « On a vu notre appartement toute la soirée à la télé ». Les 900 mètres de dénivelé qui tirent les mollets mais vident la tête. Et tout en haut, le lac comme récompense. Ca me rappelle la Nouvelle-Zélande. Et pas besoin de croiser son regard pour savoir qu’il s’est absenté dans les mêmes souvenirs que les miens.   La forêt, les feuilles mortes, l’automne. Le cinébrunch au Comedia. Enfin. Le retour au travail et ses réactions déplacées qui épuisent. Les soirs où je rentre et l’inonde de ce qui m’a pesé toute la journée durant et qu’il faut extraire de moi. Me laisser un peu d’air. Savourer mes nouvelles fonctions qui adoucissent cette fin tant attendue. Expliquer, donner des conseils. Parler, partager. Rire. L’épouser. Enfin le pacser. Cet acte qui manque tellement de romantisme. Six coups de tampon et bonne journée au revoir.  Aimer tellement tellement ma robe à cœur mise pour l’occasion. Un peu moins mes escarpins qui m’assassinent les pieds. Jouer au loto tous les numéros importants de nos vies. Se régaler à la « Guill’on Dîne » pour fêter ça.  8h de bus pour se rendre à Strasbourg. Trois petits jours à courir partout dans les rues mignonnettes et déjà parées des odeurs-couleurs de Noël. Manger  des Flammenküche, de la choucroute, des bretzels  et boire du Gewurztraminer. Oui on aime les clichés 😉 ! Faire la connaissance de Bruno, le voisin un peu étrange, sans doute traumatisé par les attentats de Paris. Me sentir un peu gauche. Aller au cinéma tous les soirs. Boire du vin chaud. Faire du vélo en Allemagne. Sous la grêle un peu. Des photos dans les champs de colza. Faire un tour de la ville en bateau. Marcher  beaucoup trop avec beaucoup trop de sacs. Se rendre compte que je me suis trompée dans les dates. Tant pis. Les jours qui restent qui se comptent sur les doigts de la main. Lui qui propose un verre pour mon départ. Les inviter tous chez moi après avoir beaucoup hésité. Aller au yoga pompette.  Le verre avec eux au Ninkasi. Les souvenirs qui se tiennent la main sur la table. Se quitter en se disant « A bientôt! ». Faire un gâteau, acheter des viennoiseries. Recevoir un cadeau, une carte. Des gentils mots. Doux mais plein de réserve. A leur image quoi. Ne pas faire d’entretien de départ. Ce qui veut dire ne pas dire tout ce que j’avais à dire. Tant pis pour ça aussi. L’essentiel étant que la page se tourne. Les sms que j’envoie à chacun pour dire « merci » et plus encore parfois.  Les mots qu’on pèse. Le sentimentalisme qu’on effleure. La fatigue immense, incommensurable qui me tombe dessus une fois à la maison. La soirée avec l’amoureux à manger des sushis et boire du champagne devant des séries. M’extirper du lit tard dans l’après-midi et aller m’acheter des fournitures scolaires pour ce que j’appelle, sourire aux lèvres, « ma rentrée ». Me lever dans la nuit pour prendre le bus qui me mènera jusqu’à elle. L’attendre une heure durant dans le froid. Les 3 jours à Marseille. La pagaille habituelle mais surtout les heures à parler dans le noir, à se retrouver, se raconter. Constater comme on a pu changer, grandir, avancer et tout à la fois rester profondément les mêmes. Et en être heureuse et fière l’une pour l’autre. Me noyer dans l’espagnol alors que c’est l’anglais qui me vient. Chaï Latté et carotte Cake « Tu as choisis l’hiver toi hein 😉 ! » avec K. dans un bar mignonet. Monter enfin à Notre Dame de la Garde. Manger ma première raclette de l’année. Parler, parler, parler.  Et c’est dans la douceur infini de nos mots retrouvés que c’est terminé novembre…

Sur une idée de Moka

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